Remboursement fauteuil releveur : Comment procéder pour obtenir un remboursement ?

Une statistique implacable : moins de 5 % des fauteuils releveurs vendus chaque année trouvent grâce auprès de la Sécurité sociale. Les autres ? Ils restent à la charge des familles, malgré des besoins bien réels. Derrière ce tri sévère, une logique implacable : seuls les fauteuils considérés comme matériel médical, prescrits et inscrits sur la fameuse LPPR, ouvrent la porte à un remboursement.

Fauteuil releveur et remboursement : ce qu’il faut savoir avant de se lancer

Avant même d’entamer la moindre démarche, un premier point décisif s’impose : à quelle catégorie appartient votre fauteuil releveur ? Un fauteuil électrique dit « classique », parfois présenté comme relax, ne suffit jamais à garantir le moindre remboursement. L’Assurance Maladie limite la prise en charge à certains modèles : fauteuil coquille ou fauteuil médicalisé, ceux-là figurent explicitement sur la Liste des Produits et Prestations Remboursables (LPPR), le précieux sésame pour engager un dossier solide.

Tout débute chez le médecin. Généraliste ou spécialiste, il observe, interroge, évalue précisément la situation. Cette consultation n’est pas anodine : la prescription ne s’arrête pas à la formalité. Sans besoin avéré, sans perte d’autonomie réelle et documentée, la Sécurité sociale n’ira pas plus loin. Seuls les fauteuils qui relèvent d’une problématique médicale, prescrits à la suite d’un bilan précis, entrent dans le champ de la participation financière.

Dans la pratique, le coût d’un fauteuil releveur fluctue fortement : mécanismes, niveaux de confort ou d’aide au maintien pèsent lourd dans la facture. En 2024, le fauteuil coquille, bien inscrit à la LPPR, donne droit à un remboursement plafonné à 394,71 €. Cette somme ne couvre généralement qu’une part du prix. D’où l’intérêt de solliciter aussi la mutuelle, la maison départementale des personnes handicapées (MDPH) ou d’autres organismes : chaque profil, chaque modèle peut ouvrir la voie à un soutien complémentaire.

Avant toute signature ou commande, il convient de vérifier quelques points pour se prémunir contre les mauvaises surprises :

  • Le code LPPR doit être mentionné de manière explicite sur le devis du fournisseur
  • La prescription doit être rédigée par un professionnel de santé et préciser la nature du besoin
  • Un contact préalable avec la Sécurité sociale et la mutuelle permet, en amont, de clarifier les modalités de remboursement et d’éviter tout faux espoir

L’absence de l’un de ces éléments bloque d’emblée la prise en charge. Pour maximiser ses chances, il faut être attentif à chaque étape, de la prescription initiale à la constitution du dossier de remboursement.

Qui peut bénéficier d’un remboursement par la Sécurité sociale ?

L’accès au remboursement d’un fauteuil releveur n’est accordé qu’à un cercle restreint d’usagers. La dimension médicale doit être incontestable. Seules les prescriptions motivées par une perte d’autonomie sérieuse, liée à l’âge, une maladie invalidante ou une situation de handicap, peuvent ouvrir ce droit.

Différents profils sont directement concernés :

  • Les personnes âgées dont la mobilité est très réduite
  • Les adultes ou enfants en situation de handicap nécessitant une aide importante pour les transferts
  • Des patients atteints de maladies chroniques, pour qui le maintien à domicile passe par un fauteuil médicalisé spécifique

Dans tous les cas, la démarche passe d’abord par le cabinet médical : seul le professionnel de santé peut juger de l’état de dépendance et, s’il l’estime justifié, prescrire un fauteuil doté d’un code LPPR. Fauteuil coquille ou modèle médical référencé : voilà les seules options éligibles. Les fauteuils vendus en grande distribution, sans certificat, restent hors-champ.

Les personnes suivies par la MDPH disposent parfois, selon l’évaluation de leurs besoins, d’aides supplémentaires. Lorsque médecin, assistante sociale et services spécialisés coordonnent leurs actions, la solution retenue est généralement plus ajustée à la réalité de chaque situation.

Étapes et documents indispensables pour faire une demande de prise en charge

Demander un remboursement s’apparente à une course à obstacles, où chaque document compte. Première étape : obtenir la prescription. Celle-ci doit préciser la nature médicale du besoin et nommer explicitement le fauteuil requis.

Le choix du fournisseur mérite aussi toute votre attention. Il doit détenir un agrément, proposer un devis où figure le code LPPR correspondant au modèle conseillé par le médecin. Un point à surveiller de près : il est impératif d’obtenir l’ordonnance avant tout achat, faute de quoi le dossier serait irrecevable.

Le dépôt du dossier auprès de la CPAM suppose de réunir plusieurs pièces, sans lesquelles rien n’avance :

  • Prescription médicale originale, datée et signée
  • Devis du professionnel avec code LPPR apparent
  • Facture acquittée après achat
  • Formulaire de demande de remboursement remis par la CPAM

Une situation de handicap peut ouvrir la voie à un accompagnement plus large via la MDPH. L’expérience d’un ergothérapeute est précieuse pour monter un dossier en bonne et due forme, argumenté et personnalisé. Les équipes administratives examinent point par point la conformité de l’ordonnance, la date des documents ainsi que la correspondance du fauteuil retenu avec les critères imposés par la Sécurité sociale.

Conseils pratiques : vers qui se tourner pour un accompagnement personnalisé ?

Être bien entouré pèse lourd dans la balance, de la sélection du fauteuil à la gestion du dossier administratif. L’ergothérapeute intervient pour évaluer les besoins, recommander le bon modèle en tenant compte de l’habitat et défendre la pertinence de la demande auprès des financeurs.

La maison départementale des personnes handicapées (MDPH) oriente les demandeurs vers les dispositifs d’aides disponibles, réduit le reste à charge grâce à une connaissance fine des solutions locales et adapte ses conseils à chaque situation. Rencontrer leurs équipes autorise un suivi sur-mesure, y compris lors de démarches administratives complexes.

Du côté des fournisseurs de matériel médical, de nombreux professionnels proposent un accompagnement dédié, en collaboration éventuelle avec les réseaux d’aides à domicile ou les assistantes sociales. Les mutuelles de santé peuvent parfois prévoir des forfaits pour aider au financement, à condition de bien décrypter les garanties du contrat. Enfin, il serait dommage de négliger les associations de patients, les réseaux d’aidants, ou même les centres communaux d’action sociale, qui connaissent bien les rouages du financement et savent orienter utilement vers les bons interlocuteurs.

Patience, rigueur administrative et soutien compétent changent tout dans l’aboutissement du dossier. Météo de l’administratif ou pas, chaque avancée rapproche du fauteuil adapté, et parfois, de ce petit supplément de confort qui fait grande différence.

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