Quand une aide-soignante termine un tour de changes à 7 h et doit transmettre ses observations avant la relève, elle ouvre NETSoins sur la tablette du chariot. La saisie se fait au plus près du résident, dans la chambre, pas deux heures plus tard devant un poste fixe au bureau infirmier. Ce basculement vers une traçabilité des soins en temps réel explique en grande partie pourquoi NETSoins s’est imposé dans les EHPAD du groupe DomusVi, et bien au-delà.
Accès mobile et saisie au lit du résident : ce qui change concrètement le travail en EHPAD
La plupart des articles sur NETSoins DomusVi listent des fonctionnalités. Sur le terrain, la bascule la plus visible concerne la mobilité. On ne parle plus d’un logiciel installé sur un poste fixe partagé entre dix soignants, mais d’une solution web accessible depuis une tablette ou un smartphone, directement dans les unités de vie.
Les IDE consultent le dossier médical informatisé avant d’entrer dans la chambre. Les aides-soignantes notent un changement d’état cutané immédiatement après l’avoir constaté. Le médecin coordonnateur retrouve l’historique complet d’un résident sans attendre qu’un classeur papier remonte du service.
Ce fonctionnement repose sur des droits d’accès modulés par rôle et par unité. Une aide-soignante n’a pas les mêmes écrans qu’un cadre de santé. Un médecin libéral intervenant en vacation accède uniquement aux résidents qu’il suit. Cette granularité évite les erreurs de saisie autant qu’elle protège les données personnelles.

NETSoins DomusVi et conformité Ségur du numérique : un cadre réglementaire qui accélère l’adoption
Le déploiement de NETSoins ne résulte pas uniquement d’un choix de groupe. La généralisation du Dossier Usager Informatisé en EHPAD s’inscrit dans une logique de régulation nationale portée par le programme Ségur du numérique en santé. Les établissements médico-sociaux doivent adopter un logiciel DUI référencé, capable d’échanger avec le reste de l’écosystème de santé.
NETSoins (édité par Orisha, anciennement Teranga Software) répond à ces exigences. La solution intègre la conformité à l’hébergement de données de santé (HDS) et au RGPD. Les campagnes de financement ESMS numérique, comme celle prévue pour 2026, accompagnent financièrement les structures qui s’équipent ou mettent à niveau leur DUI.
L’ordonnance numérique, prochain jalon pour les EHPAD
En 2026, l’ordonnance numérique arrive en fin de phase d’expérimentation dans le secteur médico-social. Pour un EHPAD équipé de NETSoins, cela signifie potentiellement la réception directe des prescriptions sous forme dématérialisée, sans ressaisie manuelle par l’IDE. On passe d’un circuit papier (ordonnance faxée, recopiée, classée) à un flux intégré dans le dossier du résident.
Les retours varient sur ce point selon les établissements et leur niveau d’équipement réseau, mais la direction est claire : le DUI devient le pivot autour duquel gravitent prescriptions, dispensations et traçabilité des administrations médicamenteuses.
Cybersécurité et authentification : les contraintes quotidiennes de NETSoins en EHPAD
On parle rarement de cybersécurité quand on décrit un logiciel de soins. C’est pourtant devenu un sujet structurant pour l’exploitation quotidienne de NETSoins dans les établissements DomusVi.
L’accès à la plateforme passe par des URLs spécifiques à chaque établissement. La connexion depuis l’extérieur (médecin libéral, cadre en astreinte) nécessite souvent l’intervention d’un administrateur local pour débloquer certains profils. Ce n’est pas un défaut de conception : c’est une couche de sécurité supplémentaire dans un contexte où les attaques contre les systèmes de santé se multiplient.
- Chaque action dans NETSoins est horodatée et rattachée à un identifiant personnel, ce qui garantit un historique complet en cas de contrôle ou d’incident
- Les accès distants sont restreints par défaut et activés au cas par cas, ce qui limite la surface d’exposition aux intrusions
- L’hébergement HDS impose des audits réguliers sur la disponibilité et l’intégrité des données de santé stockées
La sécurité des données conditionne la confiance des équipes dans l’outil. Un soignant qui doute de la confidentialité d’un logiciel contourne le système, revient au papier, et la traçabilité disparaît.

Organisation des soins en EHPAD : comment NETSoins structure les flux entre équipes
Le vrai apport de NETSoins ne se mesure pas au nombre de fonctionnalités listées dans une plaquette commerciale. Il se mesure à la façon dont l’outil redistribue l’information entre les métiers.
Transmission ciblée plutôt que cahier de liaison
Dans un fonctionnement classique, les transmissions se font oralement pendant la relève ou via un cahier papier. Avec NETSoins, chaque observation est rattachée au dossier du résident concerné. L’IDE de nuit qui prend son poste filtre les alertes par priorité au lieu de relire trois pages manuscrites.
Le médecin coordonnateur accède aux indicateurs globaux de l’établissement : chutes, escarres, poids, prescriptions en cours. Ces données agrégées servent à piloter le projet de soins collectif, pas seulement à documenter des actes individuels.
Gestion du circuit du médicament
Le bilan médicamenteux en EHPAD reste un point critique. NETSoins permet de tracer chaque étape du circuit, de la prescription à l’administration, en passant par la préparation des piluliers. Quand un traitement est modifié, l’alerte remonte à l’ensemble des professionnels concernés.
Cette visibilité réduit les risques d’interaction médicamenteuse et les oublis d’administration, deux problèmes fréquents dans les structures accueillant des résidents polymédiqués.
- Les rapports statistiques générés par NETSoins alimentent les évaluations qualité exigées par les ARS
- Le module de téléconsultation intégré évite le transport de résidents fragiles vers des cabinets médicaux extérieurs
- La facturation et le suivi administratif sont reliés au dossier de soins, ce qui limite les doubles saisies entre services
NETSoins DomusVi n’est pas devenu central par hasard. L’outil s’est aligné sur trois mouvements simultanés : la pression réglementaire du Ségur, le besoin de mobilité des soignants, et l’exigence croissante de sécurité des données de santé. Les établissements qui l’exploitent pleinement gagnent du temps sur la documentation pour le réinvestir dans l’accompagnement des résidents, ce qui reste la finalité première d’un EHPAD.
